lundi 26 octobre 2009

Parler de ce qu'il se passe ailleurs

Sur un billet du blogue de Richard Terrien, on a parlé du fait qu'on a diffusé des extraits de Yamaska, une série qui est diffusée à TVA, à Tout le monde en parle, qui est diffusée à Radio-Canada.

Bravo, dit-on dans les commentaires, mais on a fait remarquer au chroniqueur qu'à Michel Jasmin, il arrive très souvent qu'on diffuse des extraits d'émissions qui ont été diffusées ailleurs.

C'est facile de passer des extraits d'émission des réseaux concurrents quand les dites émissions sont passées et terminées.

Si Radio-Canada a permis à TLMEP de diffuser des extraits de Yamaska, bien bravo. Je pense qu'aujourd'hui, un réseau ne devrait plus se limiter à montrer que les seules bonnes émissions ne sont diffusées que chez eux. On devrait permettre aux animateurs et chroniqueurs sur un réseau de parler de ce qu'il y a ailleurs.

Je me souviens d'une émission de Ad Lib, où Jean-Pierre Coallier recevait Louisette Dussault, au sommet de sa carrière télévisuelle, au moment même où elle quittait l'émission Chop Suey et interprétait le rôle titre d'une nouvelle série à Radio-Canada, Marilyn. Jean-Pierre Coallier l'avait interrompue dans ses explications alors qu'elle commençait à parler de son nouveau rôle en lui disant que Marilyn avait un gros défaut, celui de ne pas jouer à TVA. Changement de sujet, vite, vite.

J'en suis venu à me dire que c'était une loi non-écrite ou une politique: on ne parle pas des concurrents. À TVA, à Radio-Canada, à TQS, la vie s'arrête quand on change de poste. Il n'y avait qu'à Télé-Québec qu'on ne pouvait probablement pas se permettre ça.

Sauf que... aujourd'hui, il y a aussi le web où on peut regarder des affaires. Le peuple demande plus d'objectivité, veut que quelqu'un puisse comparer une série à une autre, on aurait même tendance à ignorer le réseau où la série a été diffusée, surtout avec la nouvelle habitude qu'ont les producteurs à lancer des DVDs de la série après sa diffusion à la télé.

Plusieurs stations de radios, surtout les indépendantes et surtout hors de la métropole, ne se censurent plus pour parler des postes concurrents. L'exemple le plus flagrant fut Jeff Fillion, à l'époque des beaux jours de où il sévissait sur animait à CHOI Radio X. Il parlait en ondes de ses concurrents! Il félicitait ou « blastait » ce qui se passait aux autres postes, expliquait comment ça se passe la vie d'animateur radio sur d'autres postes, et on apprenait quelque chose qu'on n'aurait pas appris autrement. Aucune censure, surtout pas sur ce sujet. Pour moi, sur ce point-là, il mérite tout mon respect, parce qu'on sentait que le gars qui nous parlait savait très bien qu'on n'écoute pas que son poste. On sentait qu'on vivait sur la même planète.

Sentir qu'on vit sur la même planète.

C'est peut-être l'anti-thèse de la publicité.

mardi 15 septembre 2009

L'enfant du milieu

J'ai 4 ans. Je m'appelle Ehm.

J'ai un grand frère qui s'appelle Ixe et une grande sœur qui s'appelle Eau. Ils ont 8 ans. J'ai aussi une petite sœur de 2 ans qui s'appelle Zède.

Je ne suis pas le plus vieux. Je ne suis pas le plus jeune.

Je suis l'enfant du milieu.

J'aime bien jouer avec mon grand frère, Ixe, même si des fois, il me fait souvent crier. Soit de rire, soit de pleurs. J'aime pas ça quand il me prend la tête sous son bras et me frotte les cheveux. Mais j'aime ça quand il me chatouille, quoique des fois il a de la misère à savoir quand est-ce qu'il doit s'arrêter de me chatouiller. Alors je crie. Et là, maman ou papa me regarde avec des gros yeux... C'est pas de ma faute, c'est Ixe!

Ixe, lui, y a déjà compris: dès qu'y entend les pas dans le couloir, y sait quoi faire et quoi dire pour que les gros yeux soient sur moi.

Eau est ma grande soeur parfaite. Elle me défend des fois quand Ixe exagère sur mon dos. Mais comme elle est très "fille", elle dessine souvent. Moi le dessin, j'aime pas ça. Je vais en faire un si on me le demande, mais moi, décider tout seul d'aller dessiner, dans vos rêves. J'aime ben mieux aller jouer avec les petites autos à Ixe ou bien aller sur l'ordinateur à Papa.

Zède est très gentille. Elle est mignonne. Elle dit toujours "Merci, Maman! Merci Papa!" . Et ces deux-là font toujours un petit "Hon! 'est-tu kioute!" quand elle le dit. Moi aussi, je le dis, merci. Mais je sais pas pourquoi, on dirait que je suis moins kioute qu'elle quand je le dis.

Ixe et Eau vont à l'école. Ils ont déjà des activités qu'ils font à l'école, et même à l'extérieur de l'école: ils font du karaté. J'aimerais ça aussi en faire, mais je suis encore trop petit, ça a l'air.

Je suis encore obligé d'aller à la garderie. Pourtant je suis plus grand que tout le monde à la garderie. Pis jusqu'à y a pas si longtemps, j'étais dans une garderie où tous les autres enfants avaient l'âge à Zède... Alors pour des activités vraiment intéressantes pour moi, on repassera...

J'ai l'impression d'être oublié... Il y a souvent des membres de ma famille éloignée, comme Grand-Maman, ou Matante, qui veulent amener Ixe ou Eau avec eux pour passer la journée. Des fois, même, c'est Zède! Moi, si ça m'arrive, c'est souvent pour être égal pour tout le monde... J'essaie de me souvenir d'un traitement de faveur que j'ai eu à moi tout seul, tout seul... non, pas capable. Ah oui: le chien, la nuit, se couche au pied de MON LIT À MOI TOUT SEUL!

Oh, je ne veux pas me plaindre. Je suis bien nourri, je suis bien logé. Je reçois beaucoup d'amour de mes parents et de toute ma parenté. J'ai des cadeaux à Noël et à ma fête (quoique souvent, c'est un seul cadeau pour les deux, car je suis né en décembre!) Et je chante. Papy disait toujours que les enfants qui chantent sont des enfants heureux. Je dois être pas pire...

Mais, un petit traitement privilégié pour moi tout seul, tout seul, j'aimerais ça, des fois... C'est égoïste? Ça veut dire quoi, ça, égoïste? Avant que vous commenciez à me l'expliquer, j'aimerais vous avertir que j'ai 4 ans. Ça se peut que je comprenne pas tout de suite.

Je vous aime tous égal.

Ehm.

samedi 1 août 2009

Pimp ma botte

Ou "Pimp my boat"... Ça r'garde slick.



Une maudite chance que c'est sous-titré...

mercredi 1 juillet 2009

Trois-Rivières

Présentement... pas grand chose à dire sur ma nouvelle ville hôte, sinon qu'on est bien dans un demi-sous-sol... c'est frais!

Trois-Rivières fête son 375e anniversaire... mais c'est quoi, ce chiffre-là, bâtard? Ils n'auraient pas pu attendre à 400? Est-ce que la ville de Québec a fêté ses 375 ans? En 1983? Non! Trop occupée à faire Québec 84 avec les grands voiliers de St-Malo... une épopée dont on va se souvenir longtemps... vous vous en souvenez, vous?

C'est tout ce que j'ai à dire...

Bonne fête du Canada, si le souhait vous sied.

mardi 23 juin 2009

St-Jean-Baptiste ou Fête Nationale ?

...parce que c'est ça, le noeud du problème.

Cette année, il y a eu un petit accrochage dans les préparatifs de la fête du 24 juin. Deux groupes québécois avaient été d'abord refusés à chanter leurs chansons anglaises lors de la Fête nationale, pour ensuite être acceptés, les organisateurs voyant que cela allait faire scandale.

On vient de gratter une gale. La plaie est ouverte.

Sauf que... à la base, c'est nous, Québécois, qui avons voulu ça. On est très masochistes. Nous, les Québécois, avons voulu nous approprier la fête de tous les Franco-Américains (dans le sens continental), pour en faire la fête du Québec. Comme s'il n'y avait qu'au Québec où on parle français.

Il n'y a qu'au Québec où l'on défend spécifiquement le français par des lois. Ailleurs au Canada, on parle aussi français, mais les locuteurs parlent aussi anglais. En tout cas, s'ils ne le parlent pas, ils sont bien malheureux. Il n'y a qu'au Québec où on peut se débrouiller toute sa vie en société en ne connaissant que le français. Elle est là, la nuance.

La St-Jean-Baptiste n'était pas une fête nationale. Elle n'était pas fériée. On n'avait pas congé cette journée-là. Mais comme c'était la fête des francophones d'Amérique, alors on pouvait dire qu'un chanteur anglophone n'avait pas d'affaire là.

Je n'irai pas chanter des chansons en français dans une fête des Suisses Allemands. Parce que je chante comme un poulet qu'on égorge. Action qu'on risque de commettre contre ma personne si je vais me produire là-bas.

Mais là, on a décidé que le 24 juin, c'était la Fête Nationale du Québec. Ce n'est donc plus la St-Jean-Baptiste. Au Québec, ce n'est plus la fête des francophones, c'est la fête des Québécois. Nous. Quelle que soit la langue parlée à la maison.

Donc, si Pascale Picard se fait montrer la porte d'une fête de la St-Jean-Baptiste, je suis d'accord. Par contre, elle doit être la bienvenue à la Fête nationale du Québec.

Il va falloir distinguer les deux fêtes, à l'avenir. Même si ça se passe la même journée.

La Société St-Jean-Baptiste s'occupe de la Fête nationale du Québec, voilà le fond du problème auquel le gouvernement de l'époque, celui de René Lévesque, n'avait pas pensé en décrétant le 24 juin Fête nationale.

Si vous voulez célébrer le français: Appelez votre fête St-Jean-Baptiste. Si vous voulez célébrer le Québec: Appelez ça Fête nationale. Avec un peu de chance (vous en aurez plus si vous allez fêter à St-Boniface-de-Shawinigan), vous pourriez fêter les deux en même temps, mais vous ne devrez plus jamais les confondre à l'avenir.

Fête Nationale du Québec, sur Wikipedia

dimanche 21 juin 2009

Shawinigan se meurt


Ça fait un bout de temps que j'ai pas blogué, je sais. Je prépare mon déménagement. Je quitte Shawinigan. Je vais à Trois-Rivières.

En fait, je me rends compte que je demeurais à Shawi pour deux raisons:
  1. Je connais bien la ville
  2. Pour mes enfants qui demeuraient avec leur mère à St-Mathieu-du-Parc.
Si j'avais élu domicile dans cette ville, ce n'était certainement pas pour un quelconque aspect économique. Ça ne coûte pas cher, rester à Shawinigan. Tout ferme à Shawinigan. Abitibi-Stone-Consolidated-Bathurst-Bowater, division Belgo a fermé après en avoir ravagé sa rivière voilà plus d'un an, Bandag a fermé, Alcan prévoit fermer d'ici 2013... Pas grand'chose, à part un Wal-Mart, a ouvert dernièrement dans cette ville. Même que des écoles primaires ferment ici à tour de bras dans la dernière décennie. La population vieillit, les parcs se vident, bref, une maudite chance qu'il y a le Festival d'été et les Cataractes. Je suis juste pas sûr que ça va sauver la ville.

Je suis désolé pour ceux et celles qui me lisent et qui croient aux chances de Shawinigan de devenir un endroit où il fera bon vivre et où il serait possible d'y faire une carrière fructueuse, mais je n'y crois tout simplement plus. Shawinigan est en passe de devenir une ville fantôme. Shawinigan a un passé vertueux, un présent cahoteux, un avenir douteux. Shawinigan était la ville de l'électricité avant sa nationalisation par Hydro-Québec dans les années 1960. Shawinigan est devenu aujourd'hui un musée. Et un musée, on y va une fois et on n'y retourne plus.

Anecdote

En 1993, il y avait un nouveau bar-salle de spectacle qui était créé, dans le centre-ville de Shawinigan qui s'appelait le Times. Je me souviens m'y être produit en spectacle avec les Rifrires (je salue ici Christian et Sébastien). On avait jasé un peu avec le proprio de la place après le show. Le Times, alors très jeune, avait pour vocation d'accueillir la clientèle intello, jeune et branchée de Shawinigan.

C'était clair, le boss n'avait pas fait d'étude de marché.

Le Times a fermé au bout d'un an ou deux, et est devenu le Big Apple, qui a tout de suite conquis les collégiens: grosse musique, bière et shooters. La base, quoi.

À Shawinigan, si tu veux partir un bar, tu es aussi bien de t'arranger pour négliger personne, parce que dès que tu veux commencer à privilégier une tranche de la population, tu vas t'apercevoir assez vite que ta tranche est mince.

Constamment en relance

C'en est fatigant de voir cette ville constamment en cours de réaménagement, de projets de développement. Cette ville semble être constamment sous le respirateur artificiel. Plein d'initiatives gouvernementales et para-gouvernementales ont été produites depuis des années afin de faire venir des médecins, des hommes d'affaires, des jeunes familles à Shawinigan. Des affaires qui ont coûté cher. Des projets qui ont fait plus vivre des publicitaires et des développeurs web (oui, je fus de ceux-là) que d'atteindre leur but premier, amener de l'argent et du monde dans la ville. Des projets qui sont toujours en partenariat avec le CLD, la Ville, la Chambre de commerce, la Fondation du Collège, le Gouvernement du Québec, Emploi-Québec, la Commision Scolaire, le CJE, le SADC, le CLSC... tous des organismes publics, qui vivent de l'argent de nos impôts. Des opérations « charme » qui n'ont rien donné, au final.

OK, donc... ?

La première chose que la ville devrait faire si elle veut attirer des gens influents, c'est de leur fournir un endroit où c'est beau dehors. Un bord de rivière! Sauf que les bords de rivière ont été occupés par des multinationales pendant des années et sont aujourd'hui polluées. C'est là-dessus, et seulement là-dessus que les élus doivent se pencher: permettre qu'il se construise un maximum de résidences privées sur le bord de la rivière St-Maurice. C'est mon avis.

En attendant, puisque mes enfants déménagent avec leur mère dans le village de St-Maurice, moi je déménage à Trois-Rivières. Je n'ai rien à dire contre Trois-Rivières, mais ça ne devrait pas tarder. ;)

jeudi 21 mai 2009

MusiqueMoins

MusiquePlusY a pas à dire, la pionnière de la musique de la télévision par câble, MusiquePlus, en est à sa croisée des chemins. On a décidé de congédier tous les caméramans sauf un, et on achète des robots qui feront le travail. Les vidéo-jockeys sont épargnés. La station est fermée complètement cette semaine.

Les plus vieux d'entre nous diront: « Mais qu'est devenu le MusiquePlus que je connaissais d'avant, avec les Rajotte, Gélinas, Plourde, Benezra, Sarrazin, et autres Beauregard? » simple, la station était populaire parce qu'il n'y avait pas mieux. Mais ce MusiquePlus d'antan ne ferait pas le poids non plus aujourd'hui. Pourquoi? À cause du web et des télé-réalités.

Les vidéoclips, jadis les outils promotionnels par excellence pour vendre des albums, peuvent être vus maintenant sur Youtube ou Dailymotion. Les artistes peuvent se vendre avec Facebook, MySpace, ou autre. Il s'agit qu'il y ait un buzz sur le net, et ça vend. De plus en plus de succès furent sans que MusiquePlus, ni même MTV, eut joué un rôle là-dedans. Je pense à Numa Numa. Je pense à Paper Planes. Pleins de chanteurs veulent leur place au soleil. C'est tellement simple de monter une page sur MySpace, d'y laisser le hit qui joue à la radio, avec toutes les infos sur l'artiste. Après ça, à quoi ça sert d'écouter MusiquePlus et de nous faire écouter tout plein de chansons qui nous intéressent comme les messages sur notre répondeur, c'est à dire qu'une seule fois seulement, en espérant que notre chanson de Pascale Picard joue un moment donné?

MusiquePlus a fait son temps. Point à la ligne.

Je crois que les vidéoclips devraient avoir une place prépondérante dans la programmation. Quand je dis prépondérante, je chiffrerais ça à 90% du temps d'antenne. MusiquePlus est une station musicale, elle devrait se comporter comme telle. Musique à la journée longue. Bulletins d'actualité musicale de 4 minutes à chaque heure. Peu de revenus, peut-être, mais peu de dépenses. Et encore plus de musique à la télé. Donc, oui, c'est dommage pour les employés, mais c'était la bonne chose à faire que de réduire le personnel.

Ceci dit: je n'ai plus le câble sur ma télé depuis maintenant presque 8 ans, et je m'en porte très bien. Mais peut-être que cela influence mon opinion que j'ai sur l'histoire...